Sensation de jambes lourdes en fin de journée, chevilles qui gonflent, station debout prolongée, grossesse ou long trajet en avion : ces situations concernent chaque année des millions de Français. Pour y répondre, les médecins prescrivent très régulièrement des bas de contention, également appelés bas de compression médicale.
Encore faut-il s’y retrouver entre les classes 1, 2 et 3, les chaussettes, les bas-cuisse et les collants, sans oublier les règles de prise en charge de l’Assurance Maladie. Nous avons rassemblé ici, sources officielles à l’appui, les repères utiles pour choisir un modèle adapté à votre situation.
Compression veineuse : de quoi parle-t-on et quand est-elle proposée ?
Un bas de contention exerce sur la jambe une pression dégressive, maximale à la cheville puis progressivement plus légère en remontant vers le genou ou la cuisse. Concrètement, cette pression étagée soutient le retour du sang veineux vers le cœur et limite la stagnation dans les membres inférieurs.
Dans les faits, la compression médicale est proposée par les médecins dans des situations variées : troubles veineux avec jambes lourdes, varices, grossesse, suites d’une chirurgie ou d’une phlébite, mais aussi voyages prolongés. La Haute Autorité de santé (HAS) encadre ces usages dans ses fiches de bon usage consacrées aux dispositifs de compression.
Attention toutefois : certaines situations, comme une artériopathie des membres inférieurs, rendent la compression inadaptée. L’avis d’un médecin reste donc nécessaire avant un premier achat, et votre pharmacien pourra ensuite vous orienter vers le modèle et la taille appropriés.
Classes 1, 2 et 3 : comprendre les niveaux de compression
En France, les articles de compression médicale se répartissent en quatre classes, selon la pression exercée à la cheville, mesurée en millimètres de mercure (mmHg). Ce qu’il faut retenir : une classe supérieure ne signifie pas un produit de meilleure qualité, mais une pression plus forte, réservée à des situations précises.
| Classe | Pression à la cheville | Niveau | Situations généralement concernées |
|---|---|---|---|
| Classe 1 | 10 à 15 mmHg | Compression légère | Jambes lourdes occasionnelles, longs trajets, recherche de confort veineux au quotidien |
| Classe 2 | 15,1 à 20 mmHg | Compression modérée | Troubles veineux débutants, grossesse, varices peu marquées ; la classe la plus souvent prescrite |
| Classe 3 | 20,1 à 36 mmHg | Compression forte | Troubles veineux chroniques affirmés, varices importantes, suites de phlébite |
| Classe 4 | Plus de 36 mmHg | Compression très forte | Situations sévères, avec un suivi médical rapproché |
Précision utile : ces valeurs correspondent à la norme française. D’autres pays utilisent des échelles différentes, si bien qu’une « classe 2 » achetée à l’étranger ne correspond pas toujours à une classe 2 française. Seule l’ordonnance de votre médecin détermine la classe adaptée ; ne montez jamais en pression de votre propre initiative.
Bas, chaussettes ou collants : quelle forme privilégier ?
À classe égale, la pression exercée à la cheville reste identique quelle que soit la forme choisie. Le choix se joue donc sur la zone à couvrir, indiquée par le prescripteur, et sur vos préférences de confort au quotidien.
- Les chaussettes de contention s’arrêtent sous le genou. Discrètes et plus faciles à enfiler, elles conviennent à la majorité des situations courantes, notamment au travail ou en voyage.
- Les bas-cuisse remontent jusqu’en haut de la cuisse et tiennent grâce à une bande autofixante siliconée. Ils sont proposés lorsque la zone concernée dépasse le genou.
- Les collants de contention couvrent la jambe entière jusqu’à la taille. Ils existent en version adaptée à la grossesse et offrent un excellent maintien en place.
Côté matières, les fabricants proposent désormais coton, microfibre ou mailles fines transparentes, en coloris variés, pour concilier soutien veineux au quotidien et discrétion, chez les femmes comme chez les hommes.
Prendre ses mesures et bien enfiler ses bas
Trois mesures, prises de préférence le matin
La bonne taille conditionne à la fois le niveau de pression réellement exercé et le confort de port. Trois mesures sont nécessaires : le tour de cheville au point le plus fin, le tour de mollet au point le plus fort et la hauteur de jambe, du sol au creux du genou. Pour un bas-cuisse ou un collant, le tour de cuisse s’ajoute à la liste.
Prenez ces mesures le matin, avant que les jambes ne gonflent au fil de la journée. En pharmacie ou en magasin de matériel médical, un professionnel formé les vérifie et vous fait essayer le produit ; une fabrication sur mesure reste possible pour les morphologies particulières.
La bonne technique d’enfilage
Enfilez vos bas le matin, peu après le lever, sur une peau sèche et sans crème. Retournez le bas jusqu’au talon, enfilez le pied, puis déroulez le textile progressivement le long de la jambe, sans tirer brutalement sur le haut.
Des gants de ménage améliorent la prise sur le tissu et protègent les mailles des ongles. En cas de mobilité réduite, un enfile-bas, vendu en pharmacie, simplifie nettement ce geste quotidien.
Entretien et durée de vie : les bons réflexes
Un lavage régulier préserve l’élasticité des fibres. Privilégiez un lavage à la main à l’eau tiède avec un savon doux, ou un cycle délicat à 30 °C dans un filet de protection, sans adoucissant. Le séchage se fait à plat, à l’air libre, loin des radiateurs, et le repassage est à proscrire.
Dans les faits, la pression diminue avec l’usure du textile. L’Assurance Maladie recommande de posséder deux paires portées en alternance et de les renouveler tous les 4 à 6 mois en cas d’usage quotidien. Un bas qui glisse, se détend ou ne marque plus la jambe a probablement perdu son efficacité.
Prescription et remboursement : les règles de l’Assurance Maladie
Les bas de contention sont des dispositifs médicaux inscrits sur la liste des produits et prestations (LPP). Sur prescription d’un médecin, généraliste ou spécialiste, et dans certaines conditions d’une sage-femme ou d’un masseur-kinésithérapeute, l’Assurance Maladie prend en charge 60 % du tarif de référence, quelle que soit la classe prescrite.
À titre indicatif, ces tarifs de référence s’élèvent à environ 22 € pour une paire de chaussettes, 30 € pour des bas-cuisse et 42 € pour un collant ; ils évoluent régulièrement. Votre complémentaire santé peut couvrir tout ou partie du reste à charge, selon les garanties de votre contrat.
La prise en charge peut aller jusqu’à huit paires par an, sur présentation d’une ordonnance de moins d’un an. Entre cinq et huit paires, la caisse d’assurance maladie peut toutefois procéder à des vérifications ; parlez-en à votre médecin au moment du renouvellement.
Idées reçues : démêlons le vrai du faux
- « C’est réservé aux personnes âgées. » Faux : femmes enceintes, professionnels debout toute la journée, voyageurs et sportifs figurent parmi les premiers utilisateurs.
- « Plus la classe est élevée, mieux c’est. » Faux : une pression trop forte devient inconfortable, complique l’enfilage et peut se révéler contre-indiquée. La classe prescrite reste la seule référence valable.
- « Les bas de contention sont épais et inesthétiques. » Dépassé : les gammes actuelles proposent des mailles fines, transparentes ou fantaisie, difficiles à distinguer d’un collant classique.
- « On peut les garder la nuit. » En règle générale, non : ils se portent du lever au coucher, sauf consigne médicale différente, notamment après certaines interventions chirurgicales.
Questions fréquentes
Peut-on acheter des bas de contention sans ordonnance ?
Oui, la vente libre est autorisée en pharmacie et en magasin spécialisé. Sans ordonnance, aucun remboursement n’est toutefois possible, et l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien reste recommandé pour vérifier la classe adaptée et l’absence de contre-indication.
Combien de temps faut-il porter ses bas chaque jour ?
La règle générale consiste à les enfiler le matin au lever et à les retirer le soir au coucher. La durée et la fréquence de port dépendent ensuite de votre situation personnelle : suivez les consignes figurant sur votre ordonnance.
Contention ou compression : quelle différence ?
En toute rigueur, la compression désigne un textile élastique exerçant une pression active, y compris au repos, tandis que la contention désigne des bandes peu élastiques s’opposant à la dilatation de la veine à l’effort. Les « bas de contention » vendus en pharmacie relèvent donc, en réalité, de la compression médicale.
Sources et références
- Assurance Maladie, « Comment utiliser vos chaussettes, bas ou collants de compression (ou contention) ? », ameli.fr
- Haute Autorité de santé, « La compression médicale dans les affections veineuses chroniques », fiche de bon usage, has-sante.fr
- Haute Autorité de santé, « Évaluation des dispositifs de compression médicale à usage individuel », has-sante.fr
- Haute Autorité de santé, « La compression médicale en prévention de la thrombose veineuse », fiche de bon usage (PDF), has-sante.fr